Thème2, Chap11: Les revenus
Le ménage intervient sur les marchés de produits en tant que consommateur capable d’effectuer des choix. Ces choix sont contraints par son revenu, qui a diverses origines (travail, capital et propriété). Pour consommer ou épargner, s’ajoutent aux revenus primaires des ménages les revenus redistribués sous forme de prestations sociales.
1. De la valeur ajoutée aux revenus primaires
La valeur ajoutée représente l’accroissement de valeur réalisé par une entreprise au cours d’une période donnée. Elle est égale à la différence entre la valeur de la production et le coût des consommations intermédiaires (biens et services acquis auprès d’autres entreprises et utilisés dans le processus de production).
Valeur ajoutée = Valeur de la production – Coût des consommations intermédiaires
Le partage de la valeur ajoutée permet de rémunérer principalement :
– le facteur travail avec les salaires (salaires nets + charges sociales) ;
– le facteur capital avec l’excédent brut d’exploitation, qui se divise en dividendes (versés aux propriétaires de l’entreprise), en intérêts destinés aux prêteurs et l’autofinancement qui correspond aux amortissements du capital fixe et aux bénéfices non distribués.
Le partage de la valeur ajoutée représente un enjeu déterminant de la croissance et du développement économique. Il devrait se situer à un niveau qui permette à la fois une consommation élevée des salariés et des investissements des entreprises satisfaisants.
Un partage de la valeur ajoutée trop favorable au capital risque d’entraîner la faiblesse de la consommation, car les salaires sont davantage consommés que les profits.
Un partage de la valeur ajoutée trop favorable au travail pénalise l’investissement, car les capitalistes risquent de manquer de moyens financiers et d’incitations à investir.
Les revenus primaires des ménages rémunèrent le facteur travail (revenus d’activité) et le capital (revenus du capital et de la propriété).
• Les revenus d’activité se décomposent en :
– revenus d’activité salariée : salaires bruts et cotisations patronales ;
– revenus d’activité non salariée : revenu mixte des entrepreneurs individuels. Un entrepreneur individuel perçoit un revenu mixte qui rémunère à la fois son travail (il travaille dans sa propre entreprise) et son capital (il possède son entreprise et perçoit à ce titre des revenus de la propriété).
• Les revenus du capital et de la propriété se décomposent en :
– revenus de la propriété (dividendes, intérêts et loyers) ;
– revenus fictifs (loyers des propriétaires de leur logement).
2. La redistribution des revenus
Avec la redistribution, l’État et d’autres administrations publiques modifient la répartition des revenus primaires en prélevant des impôts et des cotisations sociales et en distribuant des revenus de transfert.
Revenu disponible des ménages = Revenus primaires – Impôts – Cotisations sociales + Prestations sociales
Le revenu disponible est le revenu dont dispose réellement un ménage pour consommer et épargner.
– La protection sociale correspond à la prise en charge par les pouvoirs publics des conséquences pour les individus des risques sociaux qui ne sont pas dus aux individus eux-mêmes et qui entraînent une perte de revenus. La Sécurité sociale, synonyme de « protection sociale », désigne l’ensemble des organismes et des institutions qui gèrent la protection sociale.
Les risques couverts par la protection sociale sont la maladie, la vieillesse, les risques familiaux (un enfant entraîne un coût qui diminue le revenu des parents), le chômage, le logement et l’exclusion sociale.
– Les principales catégories de revenus de transfert ou revenus sociaux versés aux ménages sont les retraites, les allocations familiales, les allocations logement, les indemnités chômage, les indemnités journalières d’accident du travail, les pensions d’invalidité, les aides sociales…
En 2006, 44,7 % du total des prestations sociales étaient destinés au financement des dépenses de vieillesse-survie, c’est-à-dire, pour l’essentiel, des retraites. Viennent ensuite les dépenses de santé (35,2 %) puis les dépenses liées à la famille (9,1 %), essentiellement les allocations familiales. Les trois dernières prestations sont, par ordre de volume de dépenses, celles destinées à l’emploi (6,8 %) puis au logement (2,7 %) et à la pauvreté-exclusion (1,5 %).